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J’accuse (2019)

POLANSKI (Roman), J’accuse, 2019.

Article mis en ligne le 18 mars 2020
dernière modification le 19 mars 2020

par Nghia NGUYEN

 

 

J’accuse est l’adaptation cinématographique du roman de Robert HARRIS qui relate l’Affaire Dreyfus (1894-1906) du point de vue du Colonel PICQUART (1). L’écrivain, et journaliste, britannique a d’ailleurs coscénarisé le film du réalisateur Roman POLANSKI qui signe là une belle reconstitution historique, et nous replonge dans l’atmosphère passionnelle de l’époque.

Le Lieutenant-colonel Marie-Georges PICQUART (1854-1914) entre dans l’Histoire en tant que chef du renseignement militaire, poste auquel il est affecté en 1895. Nous sommes dans un contexte de montée des rivalités entre les puissances européennes, et les tensions entre la France et l’Allemagne, qui n’ont jamais cessé depuis la guerre franco-prussienne de 1870, demeurent très fortes. Lorsque l’Affaire Dreyfus éclate, le Colonel PICQUART (interprété par Jean DUJARDIN) va jouer un rôle essentiel du fait de sa fonction qui le met en contact direct avec les différents indices de la trahison. Progressivement convaincu de l’innocence du Capitaine Alfred DREYFUS (1859-1935), il finit par révéler le rôle du véritable coupable : le Capitaine Ferdinand WALSIN ESTERHAZY (1847-1923). Subissant de très fortes pressions de la part de la hiérarchie militaire, PICQUART est relevé de ses fonctions puis incarcéré à son tour en 1898/1899. Avec la reconnaissance de l’innocence de DREYFUS, PICQUART est réhabilité le 13 juillet 1906 en même temps que celui qu’il défendait. Il finira sa carrière au rang de général, et sera Ministre de la Guerre dans le premier cabinet de Georges CLEMENCEAU (1841-1929).

Tout en s’appuyant sur une trame littéraire, elle-même fidèle à la trame historique, l’oeuvre de Roman POLANSKI s’attache à la réalité historique de l’époque. Certes, le film s’inscrit dans la subjectivité du Colonel PICQUART dont le cas de conscience suscité par l’opposition d’une exigence de vérité à une sensibilité antisémite est mis en avant. Un cas de conscience qui n’est, par ailleurs, pas une contre-vérité historique en soi. Dans un essai qui a précédé la sortie du film, l’historien Philippe ORIOL a remis en cause le rôle du Colonel PICQUART, insistant sur son antisémitisme. Une remise en cause elle-même controversée et contestée par d’autres historiens : les sentiments de PICQUART n’ayant pas changé fondamentalement son rôle ni son action en faveur de DREYFUS. Des débats et un film qui montrent, si besoin est, que l’Affaire demeure un objet historiographique toujours bien vivant.

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Bibliographie

  1. BREDIN (Jean-Denis), L’Affaire, Fayard, 1993, 866 p.
  2. HARRIS (Robert), D, Plon, 2014, 496 p.
  3. ORIOL (Philippe), Le faux ami du Capitaine Dreyfus. Picquart, l’Affaire et ses mythes, Grasset, 2019, 248 p.

 

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