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La prise de la Bastille (1789)
Article mis en ligne le 17 juin 2019
dernière modification le 19 juin 2019

par Nghia NGUYEN

La prise de la Bastille par Jean-Pierre HOUËL (aquarelle, 1789)

 

Depuis le Moyen Âge, les explosions populaires dans Paris ont souvent eu comme arrière-plan des crises économiques ayant pour conséquence une forte augmentation du prix du pain et du blé. S’ajoute à ces difficultés déjà connues, une conjoncture politique inédite au début de l’été 1789. L’ouverture des États généraux, le 5 mai 1789, et la crise liée à la question du vote ont ainsi débouché, contre toute attente, à la formation d’une assemblée nationale constituante (17 juin). Quand bien même ces événements politiques se déroulent à Versailles, la nouvelle assemblée - qui annonce le transfert de la souveraineté du Roi à la Nation - bénéficie d’emblée du soutien de l’opinion publique parisienne. Cette remise en cause de l’autorité de Louis XVI (1754-1793) s’accentue, le 11 juillet, avec le renvoi par le Roi de son Ministre Jacques NECKER (1732-1804) également apprécié par l’opinion publique. La colère dans la capitale du royaume ne cesse donc de grandir, et la présence aux portes de Paris de régiments étrangers au service du Roi entretient un sentiment de rumeurs et d’insécurité qu’attestent déjà un climat de violence et l’incendie des barrières d’octroi.

Désirant s’armer, des milliers de Parisiens déjà équipés de piques s’emparent de 33 000 fusils et de 12 pièces d’artillerie entreposés dans l’Hôtel national des Invalides au matin du 14 juillet. Les partisans de l’assemblée nationale constituante savent que les troupes alors présentes sont soit sans ordre du Roi, soit ne veulent pas ouvrir le feu sur la foule. En milieu de matinée, cette dernière se dirige sur la forteresse de la Bastille où se trouve la poudre et les munitions nécessaires à l’usage des fusils. C’est davantage cette raison qu’un soulèvement contre le symbole de l’absolutisme royal - reconstruit a posteriori par l’historiographie républicaine - qui explique l’affrontement qui aura lieu jusqu’en fin d’après-midi.

Construite sous le règne de Charles V (1338-1380), dans la deuxième moitié du XIVe siècle, la Bastille se présentait comme une forteresse particulièrement visible dans le paysage parisien. Située au sud-est de la ville, elle était alors destinée à défendre la Porte Saint-Antoine (d’où son nom de Bastille Saint-Antoine). Bâtiment à vocation militaire donc, la Bastille a aussi abrité, selon les époques, un lieu de réception, une partie du Trésor royal et les archives du Lieutenant de police de la capitale. Si la forteresse a pu servir de prison royale dès la fin du Moyen Âge, c’est au XVIIe siècle - avec le Cardinal de RICHELIEU (1585-1642) - qu’elle devint la prison d’État connue jusqu’à sa destruction au lendemain même de sa prise par les Parisiens.

Le 14 juillet 1789, l’assaut de la foule débute en fin de matinée suite à un malheureux coup de canon tiré au moment où s’engagent des négociations entre les représentants des Parisiens et l’autorité militaire. La Bastille est alors défendue par le Marquis Bernard-Réné JOURDAN de LAUYNAY (1740-1789) et 103 soldats : des soldats du régiment suisse de Salis-Samade et une majorité de vétérans. La faiblesse des moyens militaires du Gouverneur face à des milliers de personnes oblige celui-ci à négocier une reddition en dépit d’une résistance qui fait une centaine de morts dans les rangs des assiégeants. La garnison cesse donc le combat aux environs de 17.00, livrant la forteresse, la poudre et les munitions aux Parisiens. Seuls 7 prisonniers sont trouvés et libérés. Aucun n’était alors incarcéré pour des raisons politiques ni frappé par un quelconque arbitraire royal (lettres de cachet). Dans une volonté d’apaisement, Louis XVI ordonne l’évacuation de la ville par les troupes royales en soirée, mais entre-temps le Marquis de LAUNAY est assassiné et décapité au cours de son transfert en captivité nonobstant la promesse qu’il n’y aurait eu aucune exécution en échange de sa reddition.

Si le massacre du Gouverneur de LAUNAY par la foule parisienne apparaît comme le premier d’une longue liste, cette journée du 14 juillet 1789 consacre surtout la faiblesse et l’effondrement de l’autorité royale. Elle entre dans l’Histoire comme le symbole annonçant, avec la proclamation de l’assemblée Constituante, ce que l’on va bientôt appeler la Révolution française.

 

 

Ah ça ira, ça ira, ça ira

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Bibliographie

  • FAYARD (Jean-François), FIERRO (Alfred), TULARD (Jean), Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Paris, Robert Laffont, 1987, 1214 p.
  • FURET (François) et OZOUF (Mona), Dictionnaire critique de la Révolution française. Événements, T1, Flammarion, 2017, 384 p.
  • Le livre noir de la Révolution française, Cerf, 2008, 900 p.
  • PICHOT-BRAVARD (Philippe), La Révolution française, Via Romana, 2014, 294 p.
  • QUÉTEL (Claude), Crois et meurs ! Histoire incorrecte de la Révolution française, Tallandier-Perrin, Paris, 2019, 510 p.
  • WAHNICH (Sophie), La Révolution française, Hachette Éducation, 2012, 304 p.

 


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