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Comment policiers et gendarmes travaillent ensemble

Comment les problématiques militaires et de de sûreté intérieure, autrefois bien séparées, sont-elles devenues aujourd’hui convergentes pour ne pas dire indissociables ? Deux ministres répondent au cours d’un entretien et illustrent une défense devenue globale.

Article mis en ligne le 9 juin 2019

par Nghia NGUYEN

Dans un entretien au Figaro, les ministres de l’Intérieur et des Armées décrivent la complémentarité de la police et de la Gendarmerie, notamment en matière de renseignement. À l’occasion des dix ans du rattachement de la Gendarmerie nationale au sein du Ministère de l’Intérieur, Christophe Castaner et son homologue aux Armées, Florence Parly, détaillent en exclusivité pour Le Figaro la complémentarité des forces civiles et militaires face aux menaces qui pèsent sur la France.

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Le Figaro - La Gendarmerie a quitté il y a dix ans le giron des Armées pour rejoindre celui de l’Intérieur. Avec le recul, quels avantages voyez-vous à ce rattachement ?

Christophe CASTANER - D’abord, la loi de 2009 est une avancée. Ce n’est pas un reniement. Au contraire. Il s’agissait de gagner en cohérence pour plus de sécurité, en donnant au ministre de l’Intérieur un champ de vision à 360 degrés. La Gendarmerie porte un maillage territorial dense que n’avait pas forcément la police. La délinquance ne se limite pas aux zones urbaines. Voilà pourquoi j’ai décidé, par exemple, que quatre quartiers de reconquête républicaine (QRR) soient en zone gendarmerie : ils complètent notre action avec la zone police. La Gendarmerie a apporté à la sécurité intérieure une capacité d’anticipation, d’innovation et un sens de la planification sans pareils. Tandis que sur le plan du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, les savoir-faire de la police ont permis d’enrichir les fertilisations croisées entre les deux forces.

  • Cette réforme, réfléchie et conduite par Nicolas Sarkozy, n’a pas été facile à mettre en place. Quels ont été les freins à Beauvau, car il a fallu faire de la place, côté policier, pour les gendarmes ?

CC - Je ne suis pas l’observateur de ce qui s’est passé il y a dix ans. Je suis l’acteur de ce qui se passe aujourd’hui. Je sais qu’il a fallu que les deux forces apprennent à se connaître, qu’elles s’apprivoisent et acceptent leurs différences, tant dans le domaine opérationnel, dans les méthodes, que dans la gestion des ressources humaines ou même le dialogue social. Mais aujourd’hui, elles vivent et travaillent ensemble. Cette volonté de servir les fédère plus que tout. Il y a de vraies complémentarités, notamment en matière de renseignement territorial. C’est le Service central du renseignement territorial, rattaché à la police, qui gère d’ailleurs cette coordination. Lors des manifestations des « gilets jaunes », le fait de pouvoir organiser la répartition des forces, gendarmerie et police, sur tout le territoire, a été et demeure primordial. Quand vous avez à gérer l’occupation simultanée de 2000 ronds-points, vous ne raisonnez plus en termes de zone police ou zone gendarmerie, mais de façon globale.

  • Sentinelle a prouvé son utilité en empêchant le terroriste de Strasbourg de continuer son massacre ou en sécurisant Lyon et sa région après l’attentat du 24 mai dernier. Des militaires ont pourtant déploré sa lourdeur pour les unités mobilisées. Le dispositif sera-t-il de nouveau adapté ?

Florence PARLY - Sentinelle continuera sa tâche aussi longtemps que nécessaire, car rien ne nous permet d’estimer que le niveau de la menace terroriste est en diminution. Les conditions initiales de sa mise en œuvre, c’est vrai, ont été délicates car inédites. Il a fallu d’un seul coup mobiliser des militaires, principalement de l’Armée de terre, sur des missions qui n’étaient pas planifiées. Les conditions de fonctionnement et d’hébergement se sont énormément améliorées. Nous avons considérablement renforcé la coordination entre le ministère des Armées et le ministère de l’Intérieur. Sentinelle est aujourd’hui une force très mobile dont la présence et l’action ne sont pas prévisibles pour un adversaire éventuel. Et les expériences récentes ont jusqu’à présent montré que nos militaires ont été là où il faut, quand il faut, et surtout qu’ils ont eu, à chaque fois, la bonne réaction.

  • La lutte contre le terrorisme islamiste se fait aussi et, de plus en plus, sur des théâtres d’opération extérieure. Comment, face à cette menace, mieux coordonner encore les actions des services de renseignement de vos deux ministères ?

FP - La coopération est le secret de la victoire dans ce domaine. Le président de la République nous y invite à chaque Conseil de Défense. Le dialogue entre les services est plus fluide qu’il ne l’a jamais été. Nombre de tentatives d’attentat sont déjouées. Cette face cachée de notre action est très importante.

CC - Dans ce domaine, nous n’avons pas le droit à l’erreur. L’échange d’informations entre services est la règle absolue. J’ai installé le 18 février l’état-major permanent, qui était une demande du président de la République et qui figure dans le plan d’action contre le terrorisme présenté par le premier ministre en juillet dernier. Il rassemble treize services de renseignement, du premier et du second cercles. C’est le moment où tout est mis sur la table, avec la plus grande confidentialité et la plus grande confiance aussi. Je rappelle que 58 attentats ont été déjoués en France depuis 2015, dont 20 en 2017 et 7 l’année dernière.

  • Au Levant, comment s’organise la traque des djihadistes français après la fin du « califat territorial » ? Y a-t-il encore des « cibles » sur place ?

FP - Nous ne demandons pas leur carte d’identité aux djihadistes, sur ce théâtre-là comme sur les autres. Notre objectif est de lutter contre le terrorisme dans toutes ses dimensions indépendamment de la nationalité. Il y a des Français parmi les terroristes, c’est un fait, mais ce n’est pas un critère prioritaire. Nous poursuivons tous les groupes à portée de notre action. Nous cherchons à être efficaces et à frapper là où cela fait mal lorsque du renseignement nous le permet pour désorganiser les réseaux des terroristes et leur logistique. Ce qui compte, c’est de pouvoir neutraliser les terroristes, quel que soit leur pays d’origine. C’est ce que nous faisons depuis plusieurs années dans le cadre de la coalition internationale anti-Daech.


CC - S’agissant du ministère de l’Intérieur, notre compétence est de suivre ces personnes, Français ou ayant résidé en France, à la fois sous l’angle du renseignement, pour éviter les risques de dissémination, et sous l’angle judiciaire pour être en capacité, le moment venu - et si cela devait se présenter sur le territoire national -, d’arrêter ces individus pour qu’ils répondent de leurs agissements. Et nous le faisons grâce à une complémentarité constante entre les services, DGSE et DGSI notamment, qui dépendent respectivement du ministère des Armées et du ministère de l’Intérieur.

  • Au Sahel, comment associez-vous vos efforts pour lutter contre l’immigration clandestine ?

FP - La présence militaire française au Sahel, comme celle de l’Union européenne et des Nations unies, a pour objet la lutte contre le terrorisme. Mais celui-ci profite de la faiblesse des États de la région, et notamment de leur déploiement parfois très limité sur d’immenses territoires, pour se nourrir de trafics de toutes sortes : armes, drogue, trafics d’êtres humains… Par conséquent, la lutte contre le terrorisme impose de former, conseiller, équiper et accompagner les forces de défense et de sécurité des pays sahéliens afin de rendre beaucoup plus difficile l’organisation de ces trafics. Par ailleurs, chaque fois que nous neutralisons des terroristes, nous perturbons toute une chaîne logistique et nous contribuons aussi à perturber un certain nombre de trafics.

CC - La question est celle-ci : comment réduire ces trafics, et notamment les trafics d’êtres humains, sans retrouver la paix sur place ? L’opération militaire Barkhane y contribue avec des bénéfices croisés, en amont et en aval : dans un sens, certains flux consistent en des trafics d’êtres humains et, au retour, les caravanes font du trafic d’armes. La coopération est indispensable. Au Sahel, il n’est pas rare que nos gendarmes soient aux côtés des forces armées.

  • Vos deux ministères, très sollicités et en tension permanente, ont payé le prix du sang comme en témoignent la mort tragique du colonel Arnaud Beltrame et, récemment, celle des commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Comment unir davantage vos efforts face aux nouvelles menaces ?

FP - Les personnels de nos deux ministères assurent la sécurité des Français et ils le font parfois au péril de leur vie. Comme l’a lui-même rappelé Christophe Castaner, la « militarité » de la gendarmerie est un élément extrêmement important. Les gendarmes échangent d’ailleurs fréquemment avec moi, qui suis leur autorité statutaire, concernant leur volonté de faire vivre cette « militarité ». Que faire de plus ? Nous pourrions aller plus loin pour prendre en compte l’émergence de nouveaux espaces de confrontation. Les terroristes ont accès à des technologies peu coûteuses pour mener leurs actions et nos deux ministères sont très investis dans la protection contre des attaques de toutes sortes, notamment dans le cyber qui est une de nos priorités, en termes d’investissement et de recrutement. Nous travaillons ensemble de façon très coordonnée dans ce domaine, y compris sur le territoire national. L’Intérieur et les Armées sont en charge de la résilience de la nation : c’est une mission lourde de sens et pleine de responsabilités.

CC - Nous avons tous deux la responsabilité de la sécurité des Français face aux menaces qui ont une dimension territoriale - de l’échelle locale à l’échelle mondiale, que l’on songe aux trafics de stupéfiants ou d’êtres humains. À ces défis, qui sont devenus traditionnels, s’ajoutent des menaces plus récentes comme le risque cyber mais aussi le défi de l’innovation et de l’intelligence artificielle. Les perspectives de développement ouvertes au ministère des Armées, qui a un temps d’avance et un savoir-faire incontestable, doivent aussi profiter aux forces de sécurité intérieures. Ne portons pas cette exigence chacun de notre côté ; faisons-le les uns pour les autres. Sur les cyberattaques, à certains moments, le ministère des Armées travaillera par exemple sur la question de l’information, l’Intérieur sur la sécurisation des hôpitaux ou des gares. Nos spécificités trouvent une complémentarité face aux nouvelles attaques. Nous portons à deux cette seule exigence : la sécurité de nos concitoyens.

  • Le débat sur les ventes d’armes françaises à des pays étrangers se poursuit. Faut-il aller vers davantage de transparence ?

FP - Vendre des armes répond à plusieurs objectifs. C’est d’abord illustrer une volonté politique et diplomatique, un partenariat que l’on souhaite avoir avec un certain nombre de pays, en particulier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Il ne s’agit pas de vendre des armes pour vendre des armes. La France promeut le respect du droit international et le multilatéralisme. Elle est soucieuse du respect de ses engagements internationaux. Nous ne faisons pas n’importe quoi, nous avons un processus extrêmement rigoureux d’examen des demandes des industriels de l’armement avant de donner ou pas l’autorisation d’exporter. Nos partenariats s’inscrivent dans un cadre large qui peut inclure des solutions économiques, culturelles, éducatives…

En matière de défense, ces partenariats peuvent se concrétiser avec un certain nombre de pays par des ventes d’armes, mais pas seulement. La France dispose aux Émirats arabes unis de trois bases militaires pour les armées de terre, de l’air et pour la marine, et l’on comprend bien l’importance d’un tel partenariat : ces bases ont joué et continueront à jouer un rôle dans la lutte contre le terrorisme car nous savons tous que la fin du « califat territorial » ne signifie pas la fin du terrorisme dans cette région. Le second objectif est économique. Nous vendons des armes car nous ne pouvons pas financer seuls de très grands programmes d’équipement militaire. Il nous faut élargir ce marché. Et nous nous efforçons de l’élargir prioritairement aux Européens. C’est ce que nous faisons en développant des projets avec des partenaires comme l’Allemagne et d’autres pays. Tant que nos partenaires européens achèteront minoritairement des équipements militaires européens, nous devrons nous tourner vers le marché mondial. L’industrie de l’armement en France, c’est 200.000 emplois répartis dans toute la France et des milliers d’entreprises de toutes tailles. Cela représente 13% de l’emploi industriel de notre pays, un emploi diffus qui irrigue l’ensemble du territoire.

  • Le Ministère de l’Intérieur a été critiqué après la convocation de journalistes et responsables de médias par la DGSI pour des enquêtes sur des ventes d’armes ou sur l’affaire Benalla. Comment réagissez-vous ?

CC - Nous parlons d’enquêtes judiciaires. Certains veulent politiser le débat en s’en prenant au ministère ou au ministre de l’Intérieur. Mais cela ne relève pas du ministère de l’Intérieur. Les enquêtes pour compromission du secret défense sont au cœur même de notre sécurité intérieure et extérieure. Et la DGSI est le service compétent dans de telles affaires. Il est donc normal que le procureur l’ait saisie. Sur le fond, je suis convaincu que dans les protections que je dois assurer, il y a celle de la liberté de la presse. Elle n’est pas incompatible avec la protection des intérêts fondamentaux de la nation.

  • Les journalistes concernés ont pourtant estimé que les questions posées avaient l’allure de véritables pressions…

CC - Je n’étais pas présent lors de l’entretien, je n’ai pas eu de compte rendu car seul le procureur en dispose dans le cadre de l’enquête judiciaire. Je n’ai pas à en connaître et tant mieux.

  • Sur le plan migratoire, comment comptez-vous harmoniser vos actions pour gérer les flux de clandestins ?

CC - Il y a une coopération avec la Défense, par exemple sur les trafics de migrants au Sahel. En outre-mer, comme à Mayotte, une coordination existe entre la Marine nationale, les gendarmes, la police aux frontières. En Guyane, cette coopération porte sur l’orpaillage mais aussi sur le trafic de migrants. Mais il s’agit aussi d’une question de souveraineté européenne. Il a été décidé de passer de 2000 à 10.000 agents de FRONTEX d’ici 2027, la France souhaitant d’ailleurs aller plus vite, pour assurer le contrôle des frontières de l’Union, nous accompagner dans la gestion des migrations et de la lutte contre la criminalité transfrontalière. Ils doivent aussi nous aider à lutter contre les frontières « gruyère » de l’Union, car il en existe.

  • Le président de la République avait un temps manifesté son intérêt d’avoir des « hotspots » de l’autre côté de la Méditerranée. Cela aurait été compliqué à mettre en place, faut-il y renoncer ?

CC -Notre priorité est celle de la réinstallation de réfugiés en France, afin de les protéger. Aujourd’hui, il y a deux façons d’accompagner une personne qui demande un statut de réfugié. Soit par instruction de son dossier par l’OFPRA sur le territoire national 122.000 personnes ont ainsi déposé un dossier l’année dernière-, soit au nom de l’engagement qu’a pris la France d’aider à réinstaller sur notre sol 10.000 réfugiés entre 2018 et 2019. Il s’agit de personnes identifiées en dehors de nos frontières : 7000 au Levant et 3000 en Afrique. Grâce à un travail étroit avec le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), nous avons d’ores et déjà atteint 75% de cet objectif, avec 7500 réfugiés qui ont été réinstallés en France dans ce cadre.

  • Des opérations comme Mare Nostrum, à laquelle la France concourt, ne reviennent-elles pas à accompagner les traversées de migrants vers l’Europe au lieu de les endiguer ?

CC - Ces opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée, remplacées par Triton et par Thémis, ont été mises en place dans un moment de tension extrême remontant à 2015. Nous ne sommes plus du tout dans ce schéma. Aujourd’hui, la route de la Méditerranée orientale n’est plus empruntée que par quelques centaines de personnes. En fait, la question est plus globale et concerne maintenant tout particulièrement l’Espagne et le détroit de Gibraltar. Depuis le 1er mai, la France a décidé, et j’ai plaidé cela auprès des autorités européennes, de reconduire pour six mois la sécurité renforcée de nos frontières notamment au regard du risque terroriste lié au prochain G7, en août à Biarritz. Avec des renforts ponctuels de l’armée, nous intervenons de manière plus accrue dans les Alpes et les Pyrénées.

  • La Marine nationale a intercepté 520 kilos de cocaïne dans le nord de l’océan Indien. Les armées et l’Intérieur travaillent main dans la main pour démanteler les réseaux internationaux de la drogue. À moyens constants, comment faire face à l’explosion des trafics ?

FP - Face aux trafiquants qui empruntent les voies maritimes, notre riposte est facilitée par le déploiement de la Marine nationale sur de nombreux océans. Je rappelle que la France est un pays « indopacifique » dont la zone économique exclusive s’étend sur une superficie de onze millions de kilomètres carrés, dont huit se trouvent dans les océans Indien et Pacifique. Les bâtiments qui y sont déployés ont notamment pour mission d’intercepter des bateaux suspects. Et les prises sont impressionnantes. Dans l’océan Indien, nous avons ainsi confisqué plus de 8 tonnes de stupéfiants depuis début 2019 ! Les armées sont aussi très actives dans les départements d’outre-mer. C’est particulièrement vrai à Mayotte, à La Réunion ou encore en Guyane, où les forces armées luttent aussi contre l’orpaillage clandestin.

CC - La répression des trafics reste notre priorité et, à ce titre, je présenterai un vaste plan de lutte national contre les stupéfiants dans quelques semaines. C’est d’abord un fléau qui menace, voire ruine, la sécurité de certains États. Au niveau français, on sait très bien que le trafic de la cage d’escalier est le dernier maillon de filières internationales. Pour les démanteler, le renseignement est capital et nous échangeons des informations en permanence avec l’armée, qui a l’avantage de rayonner sur la surface du globe. Nous travaillons sur des filières issues d’Albanie ou des Balkans sur la question de la production de cannabis, ou sur les transits de cocaïne et d’héroïne avec les pays d’Afrique de l’Ouest. L’armée française nous est précieuse pour intercepter et éradiquer les trafics. Les 8 tonnes que vient d’évoquer mon homologue Florence Parly, ce sont 8 tonnes que je ne vais pas retrouver dans nos quartiers. En cela comme dans de nombreux autres domaines, une complémentarité majeure unit nos deux ministères.

  • BARLUET (Alain) CHICHIZOLA (Jean), CORNEVIN (Christophe), LECLERC (Jean-Marc), "Comment policiers et gendarmes travaillent ensemble", in Le Figaro, 8 juin 2019.

 


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