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La bataille de Monte Cassino (1944)
Article mis en ligne le 14 décembre 2017
dernière modification le 10 novembre 2018

par Nghia NGUYEN

Le théâtre d’opération italien

Depuis la libération de la Sicile (été 1943), et leur débarquement dans le sud de la péninsule italienne au mois de septembre, les Alliés occidentaux portent désormais directement la guerre sur le sol européen. L’Italie constitue un abcès de fixation en attendant un prochain grand débarquement – prévu dans le courant de l’année 1944 – en France. Les armées anglo-américaines, ainsi que d’autres armées alliées (Français, Polonais, et nations du Commonwealth) remontent la péninsule du sud vers le nord. Leur progression est cependant lente et coûteuse pour plusieurs raisons :

  • La géographie du théâtre d’opération n’est pas propice aux grandes manoeuvres qui auraient permises le débordement du front allemand. Le front italien, étroit, est bordé par deux mers. Une chaîne montagneuse au centre de la péninsule favorise davantage la défense plutôt que l’offensive.
  • Les forces alliées voient leur potentiel offensif affaibli par des ponctions d’unités et de matériels (notamment des moyens navals) déroutées vers l’Angleterre où se prépare déjà le débarquement en France.
  • La résistance allemande, conduite par le Generalfeldmarshall Albert KESSELRING (1), reste efficace et acharnée jusqu’en avril 1945.

Retranchée sur une solide ligne de défense qui barre d’ouest en est la botte italienne (la Ligne Gustav), à un peu plus d’une centaine de kilomètres au sud de Rome, la Xe Armée allemande utilise au mieux le relief montagneux pour bloquer l’avance de la Ve Armée américaine et de la VIIIe Armée britannique. Ce relief qui limite en grande partie la puissance des unités blindées avantage la bataille défensive que livrent les Allemands. Ces derniers tiennent ainsi la seule route qui conduit à Rome, dont le verrou est une colline de 516 mètres de haut seulement, surplombé par un monastère (2). Le verrou de Cassino commande la plaine du Liri et empêche toute progression vers le nord. La bataille a aussi pour objectif de fixer la résistance allemande en drainant notamment le plus de renforts possible dans la région de Monte Cassino. Les Alliés s’apprêtent, en effet, à lancer une opération de contournement de la Ligne Gustav en débarquant dans la région d’Anzio-Nettuno plus au nord (opération Shingle).

 

Goumiers marocains dans les environs de Monte-Cassino (décembre 1943)

 

La bataille de Monte Cassino : une série de 4 batailles successives

Ce que l’on appellera bientôt la bataille de Monte Cassino est, en fait, une série de quatre affrontements meurtriers pour la possession de cette colline. La confrontation débute le 17 janvier 1944 avec une attaque de contournement de la colline par le nord-est. Cette première bataille dure jusqu’au début du mois de février. L’Armée française s’illustre particulièrement avec ses contingents coloniaux, essentiellement nord-africains (Goumiers, Tabors et Spahis). La résistance allemande demeure cependant acharnée et le gain de terrain minime eu égard aux efforts déployés et aux pertes humaines importantes. La 34th Infantry Division américaine parvient à 300 mètres du monastère seulement mais elle est décimée. Entre-temps le débarquement d’Anzio a eu lieu, mais le manque d’audace du Major-général John P. LUCAS (1890-1949) a laissé KESSELRING se ressaisir avec une remarquable rapidité. Trois jours seulement après le débarquement, la tête de pont d’Anzio est solidement isolée par la Wehrmacht qui, des hauteurs environnantes, la bombarde sans répit.

Bloqués à Monte Cassino et à Anzio, les Anglo-américains décident de passer en force. La deuxième bataille de Cassino se déroule du 15 au 18 février. Elle débute par un bombardement aérien de grande intensité qui rase le monastère bénédictin. Les troupes allemandes, conformément à une tactique désormais bien rodée face à la puissance de feu adverse, ont anticipé le déluge de feu. Elles se sont retirées du monastère pour ensuite venir en réoccuper les ruines, juste avant l’assaut de l’infanterie alliée (britannique et néo-zélandaise).

Ce sont les hommes de la Fallschirmjäger Division 1 qui vont ainsi tenir la colline de Monte Cassino durant de longs mois. Ces parachutistes aguerris, désormais utilisé comme une infanterie d’élite au sol, se révèlent supérieurs dans un combat défensif où les ruines gênent considérablement la progression alliée. Les 420 tonnes de bombes larguées le 15 février sur le monastère l’ont surtout transformé en réduit inexpugnable. Les combats sont meurtriers et les contre-attaques allemandes reprennent le terrain gagné par les Néo-Zélandais sur les pentes de la colline. Le troisième assaut qui a lieu du 14 au 22 mars signe une fois de plus l’échec de la stratégie d’attaque frontale des Anglais et des Américains. Pour la propagande nazie, Monte Cassino devient le symbole de l’incapacité des alliés occidentaux à vouloir abattre la « Citadelle Europe ».

 

Soldats polonais au combat

 

La contribution décisive des troupes françaises et polonaises

Ce sont finalement les troupes du Corps Expéditionnaire Français en Italie (CEF) du Général Alphonse JUIN (1888-1967) qui vont débloquer cette situation d’enlisement, et qui vont marquer le point stratégique permettant la victoire alliée à Cassino. À partir du 11 mai 1944, s’appuyant sur des unités marocaines particulièrement adaptées aux combats en montagne (2e DIM, 4e DIM, 4e RSM), JUIN va mener une série d’affrontements visant à s’emparer des collines environnant celle de Monte Cassino. Cette tactique conduit de fait à l’effondrement de la ligne Gustave puisque le CEF franchit le Garigliano et débouche directement dans la vallée du Liri. Monte Cassino est désormais sur le point d’être complètement enveloppé, et KESSELRING ne peut qu’ordonner son évacuation le 17 mai. Ce sont les soldats du Général Wladyslaw ANDERS (1892-1970) qui hissent le lendemain, au sommet des ruines du monastère, le drapeau polonais. 115 000 soldats alliés sont tombés à Monte Cassino sur la route menant à Rome.

 

Les Africains

 

  1. Officier supérieur de la Luftwaffe, Albert KESSELRING (1885-1960) se révéla un remarquable tacticien dans la lutte au sol. Il est vrai que sa formation initiale fut aussi celle d’un artilleur.
  2. Parmi les pertes de la bataille de Monte Cassino, figure incontestablement la destruction de ce monastère fondé par Benoît de Nursie (Saint Benoît) au VIe siècle de notre ère. C’est dans ce monastère, haut-lieu du Christianisme médiéval et occidental, que la règle bénédictine fut élaborée. La propagande nazie ne manqua pas d’utiliser le thème de la "destruction de la civilisation chrétienne" par les "Barbares" durant toute la durée de la bataille. Le monastère a été depuis reconstruit.

Soldats allemands faits prisonniers par les Polonais du Général ANDERS

__________

Bibliographie

  • HMLER (Rudolf), Monte Cassino, Paris, Plon, 1961, 287 p.
  • ELLIS (John), Cassino : une amère victoire janvier-juin 1944, Albin Michel, 1987, 600 p.
  • NOTIN (Jean-Christophe), Maréchal Juin, Tallandier, 2015, 720 p.

Fallschirmjäger allemands

Rot scheint die Sonne (Fallschirmjäger lied)

Le théâtre d’opération italien

Depuis la libération de la Sicile (été 1943), et leur débarquement dans le sud de la péninsule italienne au mois de septembre, les Alliés occidentaux portent désormais directement la guerre sur le sol européen. L’Italie constitue un abcès de fixation en attendant un prochain grand débarquement – prévu dans le courant de l’année 1944 – en France. Les armées anglo-américaines, ainsi que d’autres armées alliées (Français, Polonais, et nations du Commonwealth) remontent la péninsule du sud vers le nord. Leur progression est cependant lente et coûteuse pour plusieurs raisons :

  • La géographie du théâtre d’opération n’est pas propice aux grandes manoeuvres qui auraient permises le débordement du front allemand. Le front italien, étroit, est bordé par deux mers. Une chaîne montagneuse au centre de la péninsule favorise davantage la défense plutôt que l’offensive.
  • Les forces alliées voient leur potentiel offensif affaibli par des ponctions d’unités et de matériels (notamment des moyens navals) déroutées vers l’Angleterre où se prépare déjà le débarquement en France.
  • La résistance allemande, conduite par le Generalfeldmarshall Albert KESSELRING (1), reste efficace et acharnée jusqu’en avril 1945.

Retranchée sur une solide ligne de défense qui barre d’ouest en est la botte italienne (la Ligne Gustav), à un peu plus d’une centaine de kilomètres au sud de Rome, la XeArmée allemande utilise au mieux le relief montagneux pour bloquer l’avance de la Ve Armée américaine et de la VIIIe Armée britannique. Ce relief qui limite en grande partie la puissance des unités blindées avantage la bataille défensive que livrent les Allemands. Ces derniers tiennent ainsi la seule route qui conduit à Rome, dont le verrou est une colline de 516 mètres de haut seulement, surplombé par un monastère (2). Le verrou de Cassino commande la plaine du Liri et empêche toute progression vers le nord. La bataille a aussi pour objectif de fixer la résistance allemande en drainant notamment le plus de renforts possible dans la région de Monte Cassino. Les Alliés s’apprêtent, en effet, à lancer une opération de contournement de la Ligne Gustav en débarquant dans la région d’Anzio-Nettuno plus au nord (opération Shingle).

 

Goumiers marocains dans les environs de Monte-Cassino (décembre 1943)

 

La bataille de Monte Cassino : une série de 4 batailles successives

Ce que l’on appellera bientôt la bataille de Monte Cassino est, en fait, une série de quatre affrontements meurtriers pour la possession de cette colline. La confrontation débute le 17 janvier 1944 avec une attaque de contournement de la colline par le nord-est. Cette première bataille dure jusqu’au début du mois de février. L’Armée française s’illustre particulièrement avec ses contingents coloniaux, essentiellement nord-africains (Goumiers, Tabors et Spahis). La résistance allemande demeure cependant acharnée et le gain de terrain minime eu égard aux efforts déployés et aux pertes humaines importantes. La 34th Infantry Division américaine parvient à 300 mètres du monastère seulement mais elle est décimée. Entre-temps le débarquement d’Anzio a eu lieu, mais le manque d’audace du Major-général John P. LUCAS (1890-1949) a laissé KESSELRING se ressaisir avec une remarquable rapidité. Trois jours seulement après le débarquement, la tête de pont d’Anzio est solidement isolée par la Wehrmacht qui, des hauteurs environnantes, la bombarde sans répit.

Bloqués à Monte Cassino et à Anzio, les Anglo-américains décident de passer en force. La deuxième bataille de Cassino se déroule du 15 au 18 février. Elle débute par un bombardement aérien de grande intensité qui rase le monastère bénédictin. Les troupes allemandes, conformément à une tactique désormais bien rodée face à la puissance de feu adverse, ont anticipé le déluge de feu. Elles se sont retirées du monastère pour ensuite venir en réoccuper les ruines, juste avant l’assaut de l’infanterie alliée (britannique et néo-zélandaise).

Ce sont les hommes de la Fallschirmjäger Division 1 qui vont ainsi tenir la colline de Monte Cassino durant de longs mois. Ces parachutistes aguerris, désormais utilisé comme une infanterie d’élite au sol, se révèlent supérieurs dans un combat défensif où les ruines gênent considérablement la progression alliée. Les 420 tonnes de bombes larguées le 15 février sur le monastère l’ont surtout transformé en réduit inexpugnable. Les combats sont meurtriers et les contre-attaques allemandes reprennent le terrain gagné par les Néo-Zélandais sur les pentes de la colline. Le troisième assaut qui a lieu du 14 au 22 mars signe une fois de plus l’échec de la stratégie d’attaque frontale des Anglais et des Américains. Pour la propagande nazie, Monte Cassino devient le symbole de l’incapacité des alliés occidentaux à vouloir abattre la « Citadelle Europe ».

 

Soldats polonais au combat

 

La contribution décisive des troupes françaises et polonaises

Ce sont finalement les troupes du Corps Expéditionnaire Français en Italie (CEF) du Général Alphonse JUIN (1888-1967) qui vont débloquer cette situation d’enlisement, et qui vont marquer le point stratégique permettant la victoire alliée à Cassino. À partir du 11 mai 1944, s’appuyant sur des unités marocaines particulièrement adaptées aux combats en montagne (2e DIM, 4e DIM, 4e RSM), JUIN va mener une série d’affrontements visant à s’emparer des collines environnant celle de Monte Cassino. Cette tactique conduit de fait à l’effondrement de la ligne Gustave puisque le CEF franchit le Garigliano et débouche directement dans la vallée du Liri. Monte Cassino est désormais sur le point d’être complètement enveloppé, et KESSELRING ne peut qu’ordonner son évacuation le 17 mai. Ce sont les soldats du Général Wladyslaw ANDERS (1892-1970) qui hissent le lendemain, au sommet des ruines du monastère, le drapeau polonais. 115 000 soldats alliés sont tombés à Monte Cassino sur la route menant à Rome.

Les Africains

  1. Officier supérieur de la Luftwaffe, Albert KESSELRING (1885-1960) se révéla un remarquable tacticien dans la lutte au sol. Il est vrai que sa formation initiale fut aussi celle d’un artilleur.
  2. Parmi les pertes de la bataille de Monte Cassino, figure incontestablement la destruction de ce monastère fondé par Benoît de Nursie (Saint Benoît) au VIe siècle de notre ère. C’est dans ce monastère, haut-lieu du Christianisme médiéval et occidental, que la règle bénédictine fut élaborée. La propagande nazie ne manqua pas d’utiliser le thème de la "destruction de la civilisation chrétienne" par les "Barbares" durant toute la durée de la bataille. Le monastère a été depuis reconstruit.

Soldats allemands faits prisonniers par les Polonais du Général ANDERS

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Bibliographie

  • ELLIS (John), Cassino : une amère victoire janvier-juin 1944, Albin Michel, 1987, 600 p.
  • NOTIN (Jean-Christophe), Maréchal Juin, Tallandier, 2015, 720 p.

Fallschirmjäger allemands

Rot scheint die Sonne (Fallschirmjäger lied)

Le théâtre d’opération italien

Depuis la libération de la Sicile (été 1943), et leur débarquement dans le sud de la péninsule italienne au mois de septembre, les Alliés occidentaux portent désormais directement la guerre sur le sol européen. L’Italie constitue un abcès de fixation en attendant un prochain grand débarquement – prévu dans le courant de l’année 1944 – en France. Les armées anglo-américaines, ainsi que d’autres armées alliées (Français, Polonais, et nations du Commonwealth) remontent la péninsule du sud vers le nord. Leur progression est cependant lente et coûteuse pour plusieurs raisons :

  • La géographie du théâtre d’opération n’est pas propice aux grandes manoeuvres qui auraient permises le débordement du front allemand. Le front italien, étroit, est bordé par deux mers. Une chaîne montagneuse au centre de la péninsule favorise davantage la défense plutôt que l’offensive.
  • Les forces alliées voient leur potentiel offensif affaibli par des ponctions d’unités et de matériels (notamment des moyens navals) déroutées vers l’Angleterre où se prépare déjà le débarquement en France.
  • La résistance allemande, conduite par le Generalfeldmarshall Albert KESSELRING (1), reste efficace et acharnée jusqu’en avril 1945.

Retranchée sur une solide ligne de défense qui barre d’ouest en est la botte italienne (la Ligne Gustav), à un peu plus d’une centaine de kilomètres au sud de Rome, la XeArmée allemande utilise au mieux le relief montagneux pour bloquer l’avance de la Ve Armée américaine et de la VIIIe Armée britannique. Ce relief qui limite en grande partie la puissance des unités blindées avantage la bataille défensive que livrent les Allemands. Ces derniers tiennent ainsi la seule route qui conduit à Rome, dont le verrou est une colline de 516 mètres de haut seulement, surplombé par un monastère (2). Le verrou de Cassino commande la plaine du Liri et empêche toute progression vers le nord. La bataille a aussi pour objectif de fixer la résistance allemande en drainant notamment le plus de renforts possible dans la région de Monte Cassino. Les Alliés s’apprêtent, en effet, à lancer une opération de contournement de la Ligne Gustav en débarquant dans la région d’Anzio-Nettuno plus au nord (opération Shingle).

 

Goumiers marocains dans les environs de Monte-Cassino (décembre 1943)

 

La bataille de Monte Cassino : une série de 4 batailles successives

Ce que l’on appellera bientôt la bataille de Monte Cassino est, en fait, une série de quatre affrontements meurtriers pour la possession de cette colline. La confrontation débute le 17 janvier 1944 avec une attaque de contournement de la colline par le nord-est. Cette première bataille dure jusqu’au début du mois de février. L’Armée française s’illustre particulièrement avec ses contingents coloniaux, essentiellement nord-africains (Goumiers, Tabors et Spahis). La résistance allemande demeure cependant acharnée et le gain de terrain minime eu égard aux efforts déployés et aux pertes humaines importantes. La 34th Infantry Division américaine parvient à 300 mètres du monastère seulement mais elle est décimée. Entre-temps le débarquement d’Anzio a eu lieu, mais le manque d’audace du Major-général John P. LUCAS (1890-1949) a laissé KESSELRING se ressaisir avec une remarquable rapidité. Trois jours seulement après le débarquement, la tête de pont d’Anzio est solidement isolée par la Wehrmacht qui, des hauteurs environnantes, la bombarde sans répit.

Bloqués à Monte Cassino et à Anzio, les Anglo-américains décident de passer en force. La deuxième bataille de Cassino se déroule du 15 au 18 février. Elle débute par un bombardement aérien de grande intensité qui rase le monastère bénédictin. Les troupes allemandes, conformément à une tactique désormais bien rodée face à la puissance de feu adverse, ont anticipé le déluge de feu. Elles se sont retirées du monastère pour ensuite venir en réoccuper les ruines, juste avant l’assaut de l’infanterie alliée (britannique et néo-zélandaise).

Ce sont les hommes de la Fallschirmjäger Division 1 qui vont ainsi tenir la colline de Monte Cassino durant de longs mois. Ces parachutistes aguerris, désormais utilisé comme une infanterie d’élite au sol, se révèlent supérieurs dans un combat défensif où les ruines gênent considérablement la progression alliée. Les 420 tonnes de bombes larguées le 15 février sur le monastère l’ont surtout transformé en réduit inexpugnable. Les combats sont meurtriers et les contre-attaques allemandes reprennent le terrain gagné par les Néo-Zélandais sur les pentes de la colline. Le troisième assaut qui a lieu du 14 au 22 mars signe une fois de plus l’échec de la stratégie d’attaque frontale des Anglais et des Américains. Pour la propagande nazie, Monte Cassino devient le symbole de l’incapacité des alliés occidentaux à vouloir abattre la « Citadelle Europe ».

 

Soldats polonais au combat

 

La contribution décisive des troupes françaises et polonaises

Ce sont finalement les troupes du Corps Expéditionnaire Français en Italie (CEF) du Général Alphonse JUIN (1888-1967) qui vont débloquer cette situation d’enlisement, et qui vont marquer le point stratégique permettant la victoire alliée à Cassino. À partir du 11 mai 1944, s’appuyant sur des unités marocaines particulièrement adaptées aux combats en montagne (2e DIM, 4e DIM, 4e RSM), JUIN va mener une série d’affrontements visant à s’emparer des collines environnant celle de Monte Cassino. Cette tactique conduit de fait à l’effondrement de la ligne Gustave puisque le CEF franchit le Garigliano et débouche directement dans la vallée du Liri. Monte Cassino est désormais sur le point d’être complètement enveloppé, et KESSELRING ne peut qu’ordonner son évacuation le 17 mai. Ce sont les soldats du Général Wladyslaw ANDERS (1892-1970) qui hissent le lendemain, au sommet des ruines du monastère, le drapeau polonais. 115 000 soldats alliés sont tombés à Monte Cassino sur la route menant à Rome.

Les Africains

  1. Officier supérieur de la Luftwaffe, Albert KESSELRING (1885-1960) se révéla un remarquable tacticien dans la lutte au sol. Il est vrai que sa formation initiale fut aussi celle d’un artilleur.
  2. Parmi les pertes de la bataille de Monte Cassino, figure incontestablement la destruction de ce monastère fondé par Benoît de Nursie (Saint Benoît) au VIe siècle de notre ère. C’est dans ce monastère, haut-lieu du Christianisme médiéval et occidental, que la règle bénédictine fut élaborée. La propagande nazie ne manqua pas d’utiliser le thème de la "destruction de la civilisation chrétienne" par les "Barbares" durant toute la durée de la bataille. Le monastère a été depuis reconstruit.

Soldats allemands faits prisonniers par les Polonais du Général ANDERS

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Bibliographie

  • ELLIS (John), Cassino : une amère victoire janvier-juin 1944, Albin Michel, 1987, 600 p.
  • NOTIN (Jean-Christophe), Maréchal Juin, Tallandier, 2015, 720 p.

Fallschirmjäger allemands

 

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